Articles

Rusalka, d'Antonin Dvoràk

Devenir humaine afin de connaître la passion et l'amour ; avoir une âme ; voilà le rêve de la petite ondine Rusalka. Sa peau est blanche et froide ; elle ne connaît pas la chaleur et pourtant, elle veut embrasser le prince qui est humain. Pour ceci, elle donne sa voix à la sorcière Jezibaba. Rusalka se retrouve à moitié humaine : le sang ne coule pas dans ses veines et elle est surtout muette. Elle ne sait pas être humaine, elle a peur, elle n'a pas les codes. Le prince se désintéresse très vite de sa petite créature mystérieuse qui ne fait pas le poids à côté de la passion humaine. La petite ondine se sent trahie. Elle redevient un esprit de l'eau, mais un esprit damné, errant dans les profondeurs entre la vie et la mort.  Le conte tchèque interroge... Qu'est-ce donc que l'être humain? Un être de chair qui connaît l'amour et la passion, un être qui ressent, un être qui a une âme et qui survivra pour l'éternité? L'illusion est rapidement rompue lorsque l...

Parthenope

Naples magnifiée dans un film où le mystère et l’esthétique se mêlent pour interroger la condition humaine. L’absurde est-il dans le décor ou la recherche de sens? La fourberie est-elle vanité? La beauté suffit-elle pour dissimuler le vide? Et si le beau était le sens? Où est-ce l’errance qui est le sens? Parthenope interroge, dérange, dit tout en disant peu. Les images s’impriment dans la mémoire, le doute aussi. La poésie s’installe car c’est peut-être la seule issue. Encore un grand film de Sorrentino, qui sait mettre en scène le drame de la condition humaine.

Garnier vs Bastille

L’Opéra Garnier vomit de l’or, des miroirs, du decorum. L’on y vient pour jouer un rôle, se filmer dans un conte de fée; faire les beaux.  L’Opéra Bastille n’a pas repris cette vocation secondaire de la maison d’opéra. Les couloirs ressemblent à des halls de gare; personne n’a envie de se déguiser pour déambuler le long des quais. On observe la ville depuis de grande baies vitrées, on paie son sandwich aussi cher qu’il se peut dans un bar d’opéra, mais on est habillé comme pour aller travailler. À Bastille, on ne vient pas se montrer, on vient assister à des spectacles qui vendent du rêve. La qualité est toujours au rendez-vous. Cette scène est une référence mondiale, n’est-ce pas? Les plus grands artistes prennent leur rôle et la planète aura son avis. La mise en scène fait parler d’elle, les costumes et les décors font rêver, la musique est interprétée de la meilleure des façons. Les sièges sont confortables, la vue complète. Je ne sais pas qui vient à l’Opéra Bastille, mais il f...

La Pythie, la vraie.

J'entre dans le Palais Garnier. Trois ans que j'attendais ça. Il a fallu le bon jour, le bon horaire, le temps. On n'entre pas n'importe quand à l'Opéra Garnier. Le plus simple serait d'avoir un billet pour un ballet, mais ça aussi, c'est difficile à obtenir au bon moment. Comme tous les curieux, je visite le Palais Garnier en payant mon entrée pour voir uniquement le décorum du spectacle.  Je viens la voir, elle. Elle est là, à l'entrée, c'est elle qui accueille tous les visiteurs. Elle est effrayée, elle est splendide! Tout le monde s'arrête pour la photographier. Marcello a réussi un coup de maître ... ou de maîtresse plutôt. La véritable Pythie est plus grande que je ne me l'étais imaginé; plus tourmentée aussi. Je pensais que c'était le coeur humain qui l'apeurait; mais aujourd'hui, c'est ce spectacle de la vanité qui se joue sous ses yeux.  Le lieu est monumental comme une église plus que baroque. L'or, les mosaïques...

La boîte de crayons (inspiré de "La Disparition" de G. Perec, atelier d'écriture du 22 novembre 2025 au musée d'Estavayer-le-Lac)

Des crayons pointus, des crayons rabougris, des mines perdues, des petits, des grands, tous réunis dans une boîte abandonnée. Cette antiquité était disposée derrière une vitrine du musée comme unique vestige d'un temps disparu. On demandait: "A quoi ça servait? Ecrire, c'est quoi? Dessiner, c'est quoi? ça se tenait comment? ça faisait quoi? Créer? Soi-même?" On passait ; on s'interrogeait ; on ne comprenait pas ; on repartait en saisissant qu'on avait perdu un monde qui paraissait bien différent. Un temps où penser, imaginer, rêver était courant ; où un individu était un humain à part entière.  P.S.: Il manque la lettre "l" dans ce texte, ce qui ne permet pas d'utiliser les articles définis (le, la, les), les pronoms personnels (il, elle), ni beaucoup de mots comme "liberté", "lire", "lien", "lettre"...