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Affichage des articles du août, 2020

Négatif

 Le test est négatif. 5 symptômes, psychose, attente, angoisse, alerte, insomnie. Minuit: le test est négatif. Soulagement. On reprend tout à la normal. La vie suit son cours. Quel cours? Quelle vie? En quarantaine dans une anxiété pandémique, le « cours » est au ralenti depuis le 13 mars. On avance masqué et on se méfie. Qui écouter? Le libre-arbitre? La conscience citoyenne?  Il est difficile de concilier les deux quand sa raison voudrait faire juste et son cœur crier au scandale. 

Insomnie

 Sommeille deux heures  Songe en catimini  Un paysage d’Italie  Ronfle le bonheur. Passent les Médicis  Rêves de Toscane Percer les arcanes D’un désir enivrant. Contre les vents de la raison, Nous construirons ce rêve, Avec des fils de passion, Avant que le tumulte ne s’achève.

Le tout numérique

Tableaux numériques, pupitres minimalistes, email connecté. Bienvenue dans le tout numérique! A cheval entre deux réalités, deux siècles, deux mondes à part entière: le XXIe siècle à l'école se met en place. Du vénérable tableau noir, on passe à l'écran tactile. Méfie-toi, il te faudra une craie dans la poche au cas où ... Le vieux bureau massif du maître, reflet de toute son autorité, est remplacé par un bureau léger, sur quatre pieds chromés, avec tiroirs sur roulettes, reflet...non...je ne vois pas du tout... Les pupitres usagés aux graffitis gravés dans le bois sont débarrassés; désormais, on admire des pupitres high-tech et réglables: le concierge pourra changer les néons (ou les leds?) au lieu de venir dans chaque classe régler la hauteur du bureau; contact humain évité grâce à un nouveau siècle gangréné par le coronavirus. Oui mais, quand on a dix livres XXe siècle à ranger dans un pupitre sans rangement, on fait comment? On demande aux parents d'acheter un I-pad voy

7 février 1971

 Jour de l'indépendance! Elles sont enfin reconnues pour leur chair, leur âme, leur place, leur charge, émotionnelle et mentale,  leurs services, leurs rôles, leur droit humain. Le 7 février 1971, les hommes, leurs époux, leurs frères, leurs pères ont enfin reconnu leur prix et leur importance. Désormais, elles existent pour elles-mêmes et ne dépendent de personne. Adieu le compte en banque au nom du mari, adieu les pantoufles au coin du feu, adieu la mère au foyer, la bonne de la famille. Durant des décennies, on a sacrifié des femmes et leur honneur sur l'autel du patriarcat. Au lendemain de l'année de la révolution sociale, elles sont libérées pour bons offices rendus à la patrie. Les vestales d'hier sont élevées au rang d'amazones modernes, prêtes à tous les combats quand il s'agit de leur dignité. Jeunes ou vénérables citoyennes, à part entière...

Derborence

 « Le mot chante doux »... mais rude aussi! L’éboulement a tout emporté. La nature a repris sa place, elle a tout repris. L’homme n’y est plus que curieux ou aventurier, alpiniste ou randonneur averti. Une bande de littéraires se lancent en quête de l’authenticité ramuzienne, un samedi d’août, sur les routes chaotiques de l’impressionnant Valais. Que vont-ils chercher? Des lieux qui ont marqué leur bibliothèque. Pourquoi s’engouffrent-ils dans ces routes sinueuses? Peut-être pour prouver « qu’ils ont vu »... Qu’ont-ils-ils vu? Un magnifique paysage, monumental, époustouflant, respectable, mystique. Et un petit lac artificiel voulu par la nature, très charmant. Pourquoi s’y aventurent-ils en famille? Parce que c’est le doyen qui l’a proposé et que ma foi, ils sont tous dans la littérature ou l’art.... Et voilà nos citadins partis en quête d’authenticité. Le voyage leur prendra un demi-matin et leur vaudra quelques cheveux gris, notamment à travers les vignes escarpées des coteaux valais

Au jardin du Luxembourg.

On y reste pour la sieste après s’être demandé comment font ces enfants pour manier leurs voiliers miniatures avec des baguettes. C’est l’automne, il fait doux mais on a déjà mis des bottes. C’est l’automne, il fait froid, mais le soleil de fin d’après-midi réchauffe notre dos enveloppé dans un manteau noir. On a fait du shopping, bu un prosecco  devant la Sorbonne, entamé la traversée du parc et on s’est affalé sur le dernier fauteuil libre. On a visité l’Orangerie avec émoi , on a admiré le Rodin devant l’entrée du musée, puis on a choisi un de ces fameux fauteuils des Tuileries pour se régaler d’une petite sieste de fin d’après-midi. Les fauteuils vert sapin ont un angle parfait pour détendre l’échine et l’esprit bouleversé par une journée trépidante à Paris. Il fait doux, le repos devient essentiel; on se promet d’acquérir l’un de ses fauteuils un jour dans sa vie parce qu’il rappellera de moelleux souvenirs et sera d’un confort assuré. 

"Sur nos monts..."

"... quand le soleil!" . Non mais, de toute façon, il n'y a pas de 1er août sans une petite pluie. Alors le soleil, on y croit plus ou moins. D'ailleurs, on dit aussi qu'il n'y a pas de fête nationale sans sa saucisse de veau qui tombe sur le chemin, son allumette bengale qui brûle les doigts, son lampion qui prend feu ou qui prend l'eau, ses chutes du Rhin, sa plaine du Grütli, son feu de joie dans le pré communal, le discours patriotique du syndic un peu ému et un peu ivre, les grillades en famille, les bancs en bois qui filent ta jolie robe, un accident de pétard, le discours de la présidente de la Confédération à la télé, la messe pour la nation, la fierté d'être suisse et le souvenir de Guillaume Tell le valeureux. On se dit fier d'une Suisse ouverte (mon oeil!), humanitaire (ah bon?) , accueillante (ouais...), multiculturelle (ça oui!), à la pointe de la technologie (à vérifier), porte-monnaie (ça c'est sûr! Radine, même!)... Enfin une Su