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La mer est un nid

Verte plutôt qu'azur, Ma mer est calme, Elle ne fait pas peur aux enfants. Confiants, ils y nagent, Ils y jouent ; La mer est un nid. Des bandes de rochers l'arrêtent, Ses vagues s'y cassent. Leur écume vient rappeler discrètement sa colère. Trop plate, trop basse, trop tiède, Beaucoup la dénigrent. C'est parce qu'ils ne la connaissent pas. Ma mer se donne aux enfants ; Elle s'incruste dans leurs souvenirs, Elle chante doucement. La mer est un nid à jamais.

Ici, on cherche (inspiré d’Abdelatif Laâbi)

Ici, on cherche toujours à boire ou à savoir, Une eau limpide et fraîche,  Un vin ancien et sibyllin, A savoir d'où l'on vient, A savoir pourquoi. Ici, on cherche le beau, Dans la musique, la peinture, l'écriture ; On cherche l'oeuvre qui le dira le mieux. Ici, on n'est jamais sûr,  On cherche, on doute. On interroge la nature, les signes, les enfers, On cherche dans la Bible, l'Enéide et l'Odyssée, On revient en arrière, on se demande pourquoi. Ici, on cherche qui l'on est. 

Rusalka, d'Antonin Dvoràk

Devenir humaine afin de connaître la passion et l'amour ; avoir une âme ; voilà le rêve de la petite ondine Rusalka. Sa peau est blanche et froide ; elle ne connaît pas la chaleur et pourtant, elle veut embrasser le prince qui est humain. Pour ceci, elle donne sa voix à la sorcière Jezibaba. Rusalka se retrouve à moitié humaine : le sang ne coule pas dans ses veines et elle est surtout muette. Elle ne sait pas être humaine, elle a peur, elle n'a pas les codes. Le prince se désintéresse très vite de sa petite créature mystérieuse qui ne fait pas le poids à côté de la passion humaine. La petite ondine se sent trahie. Elle redevient un esprit de l'eau, mais un esprit damné, errant dans les profondeurs entre la vie et la mort.  Le conte tchèque interroge... Qu'est-ce donc que l'être humain? Un être de chair qui connaît l'amour et la passion, un être qui ressent, un être qui a une âme et qui survivra pour l'éternité? L'illusion est rapidement rompue lorsque l...

Parthenope

Naples magnifiée dans un film où le mystère et l’esthétique se mêlent pour interroger la condition humaine. L’absurde est-il dans le décor ou la recherche de sens? La fourberie est-elle vanité? La beauté suffit-elle pour dissimuler le vide? Et si le beau était le sens? Où est-ce l’errance qui est le sens? Parthenope interroge, dérange, dit tout en disant peu. Les images s’impriment dans la mémoire, le doute aussi. La poésie s’installe car c’est peut-être la seule issue. Encore un grand film de Sorrentino, qui sait mettre en scène le drame de la condition humaine.