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Un concert lundi soir

Ce soir, c’est comme à Paris : nous nous rendons au concert après le travail. N’est-ce pas le principe de toutes les « sociétés de concerts » à travers le monde ? Un abonnement annuel à la divine musique …  Schumann, Ravel, Bruckner, Rimski-Korsakov, tant de compositeurs pour nous faire vivre une expérience à chaque fois. Lundi soir, une professeure de piano emmène ses élèves écouter de grands virtuoses, une petite fille accompagne sa maman pour la première fois, des étudiants derrière comme toujours, des habitués, des gens venus de loin. Chacun s’installe, prêt à se laisser emporter par les notes. La magie opère, les idées se bousculent, le concerto ravit l’auditoire.  Étudiants déjà, les abonnés d’aujourd’hui étaient fidèles. Ils se retrouvent parfois dans le hall, tout étonnés d’être désormais ceux qui font cette société à part entière. Ils sont cette génération.

Honneur aux femmes dans l'opéra

  Les femmes dans l’opéra   On pense souvent que l’opéra a un petit côté machiste. Certains iront même jusqu’à changer la trame d’une oeuvre pour être plus en vogue avec l'époque. Non seulement l’œuvre d’opéra est toujours, malgré tout, le reflet d’un siècle et donc il faut lui laisser raconter son histoire, mais surtout, l’opéra met souvent en valeur des vies de femmes extraordinaires. Des femmes qui se battent malgré tous les obstacles qu’on leur impose, malgré leur condition, malgré les injustices. Changer le fil du drame équivaut à repeindre le tableau d’un grand artiste que l’on trouverait trop fade ou trop criard à notre goût. Qui oserait commettre un tel sacrilège ?  Si Madame Butterfly n’était pas si naïve, la tragédie de son abandon ne serait-elle pas amenuisée ? Si Norma avait été respectée par son légionnaire, quel intérêt d’allumer un bûcher ? Si Violetta n’avait pas profité de la vie avant d’attraper la tuberculose, sa mort remettrait-elle en questi...

Métaphysique

Ecoutez le vide autour, Il vous soutient sans autre discours, Il est la distance, il est le lien, Invisible ou sensible, il n'est rien.

La mer est un nid

Verte plutôt qu'azur, Ma mer est calme, Elle ne fait pas peur aux enfants. Confiants, ils y nagent, Ils y jouent ; La mer est un nid. Des bandes de rochers l'arrêtent, Ses vagues s'y cassent. Leur écume vient rappeler discrètement sa colère. Trop plate, trop basse, trop tiède, Beaucoup la dénigrent. C'est parce qu'ils ne la connaissent pas. Ma mer se donne aux enfants ; Elle s'incruste dans leurs souvenirs, Elle chante doucement. La mer est un nid à jamais.

Ici, on cherche (inspiré d’Abdelatif Laâbi)

Ici, on cherche toujours à boire ou à savoir, Une eau limpide et fraîche,  Un vin ancien et sibyllin, A savoir d'où l'on vient, A savoir pourquoi. Ici, on cherche le beau, Dans la musique, la peinture, l'écriture ; On cherche l'oeuvre qui le dira le mieux. Ici, on n'est jamais sûr,  On cherche, on doute. On interroge la nature, les signes, les enfers, On cherche dans la Bible, l'Enéide et l'Odyssée, On revient en arrière, on se demande pourquoi. Ici, on cherche qui l'on est.