Rusalka, d'Antonin Dvoràk
Devenir humaine afin de connaître la passion et l'amour ; avoir une âme ; voilà le rêve de la petite ondine Rusalka. Sa peau est blanche et froide ; elle ne connaît pas la chaleur et pourtant, elle veut embrasser le prince qui est humain. Pour ceci, elle donne sa voix à la sorcière Jezibaba. Rusalka se retrouve à moitié humaine : le sang ne coule pas dans ses veines et elle est surtout muette. Elle ne sait pas être humaine, elle a peur, elle n'a pas les codes. Le prince se désintéresse très vite de sa petite créature mystérieuse qui ne fait pas le poids à côté de la passion humaine. La petite ondine se sent trahie. Elle redevient un esprit de l'eau, mais un esprit damné, errant dans les profondeurs entre la vie et la mort.
Le conte tchèque interroge... Qu'est-ce donc que l'être humain? Un être de chair qui connaît l'amour et la passion, un être qui ressent, un être qui a une âme et qui survivra pour l'éternité? L'illusion est rapidement rompue lorsque la petite ondine se rend compte que cette chair est faible, que la passion est inconstante et que les sens montent à la tête. L'être humain est donc cruel sans le vouloir car aveuglé par les passions. La désillusion est terrible, destructrice. Si l'ondine n'avait pas d'âme, la voilà condamnée à l'errance éternelle, cet état de l'amour déçu. Rusalka voudra toujours le bien de son prince, mais elle ne lui pardonnera pas. C'est ainsi à l'opéra: les êtres féminins ne pardonnent pas.
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