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Le guet

A sa fenêtre, elle observe et commente: "C'est la fille D., elle voit la bière là en bas." Alors l'autre rétorque: "Ah oui, et t'as vu là c'est B., avec la perruque rose." "Le fil à A.?" "Oui!" " Je connais pas." Et ainsi par bribes et morceaux, nos deux commères passent en revue toute la population descendue dans la rue pour chasser l'hiver à grands coups de bière et de guggen. C'est mardi gras et l'odeur du poulet chasseur embaume encore ce coin de cuisine. On entend au loin les fanfares carnavalesques qui se préparent à défiler. Des semblants de chars patientent au soleil sur des tons de musique house. Il fait beau, il fait presque bon, tout le monde est sorti pour anticiper le départ de l'hiver. On va brûler la perche et les enfants danseront avec les saoulons. C'est Carnaval et chacun exhale des envies printanières.

Le cercle de lecture

Six hurluberlus se regardent à travers des nuages de fumée (de tabac ou artificielle). Ils parlent de bouquins, leur dernière lecture, leur dernier coup de coeur; s'enchantent à coup de bière et de vin rouge, c'est vendredi 16h30. L'atelier de Pascal résonne et expose ses photos fort contrastées; sa cave est bien fournie. L'aimable hôte commence par nettoyer sa table, puis il recommence à la salir de mégots. Dehors il neige et c'est janvier. Tatjana présente son livre: un japonais. Puis c'est le round habituel avec de belles découvertes et parfois quelques minutes de flou. Il fait froid dehors, et dedans c'est une douceur agréable d'un moment suspendu entre appartenance et intelligence. L'heure est bientôt passée, il faut rejoindre le quotidien et saluer le cercle des lecteurs affamés: "Bonne nuit"!

Comme dans un roman surréaliste

Deux femmes guignent par la porte vitrée de la salle de fitness. La cinquantaine, cheveux gris courts, leggings noirs pailletés de pois d'or, cuissardes rouges en daim...les deux lesbiennes observent d'un air railleur les dix-huit mères de famille qui prennent du "temps pour elles" un lundi matin. Le pubis levé au ciel : écarter, serrer, écarter, serrer... Vu leurs frimousses crispées, tout porte à croire que ce "temps pour elles" n'est pas si agréable que ça...Alors les deux soeurs de Diane refont surface pour mieux observer ces positions alléchantes et se demandent finalement si elles n'ont pas tout ce qu'il leur faut.

Les enfants oubliés

Au siècle dernier, on misait les enfants pauvres à la sortie de la messe. On peine même encore à s'en excuser. Mais fait-on mieux aujourd'hui? Finalement, qu'advient-il des enfants abandonnés émotionnellement? A peine un parent pour ne pas s'occuper d'eux, laissés pour compte et "mal" classés dans nos écoles. Ils sont seuls pour s'éduquer, seuls pour s'élever, seuls pour s'émanciper. Qui s'en préoccupera? Au mieux l'école, au pire la société. Mais quels sont les moyens de l'école pour les aider?

Une lueur à l'ouest

Anvers accueillait les bras ouverts tout l’exotisme des colonies. C’était un accès aux merveilles, aux richesses et aux cultures du monde. Ce monde lumineux et prometteur qui semblait attendre la jeune femme, scintillait comme une lueur à l’ouest. Ce n’était pas seulement une aventure en Amérique qui se profilait pour Joséphine, mais certainement aussi le début de sa vie de femme. Après l’indépendance goûtée dans un empire de l’est, la jeune aventurière s’engageait dans une existence de femme mariée et responsable, non plus au service des riches familles, mais au service de la sienne humble et digne.