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Une crapule à Fribourg

Lustres design, lourds rideaux rose passé, moquette sur l’escalier, néon fluo en suspension, côtoyant « comme un poisson dans l’eau »... Le club vient de s’ouvrir et pourrait convenir à une jeunesse chevrotante et peu vigousse. L’ambiance se veut feutrée ... un brin vulgaire? Des videurs encravatés nous accueillent avec sérieux. Puis une hôtesse zélée nous indique une table... faites vos jeux? A droite, un groupe de quinquagénaires avides de chair fraîche. A gauche une mère esseulée se trémousse devant un ténébreux hispanique tatoué. Au bar, des trentenaires saoules qui tentent un déhanchement crapuleux en robes blanches très suggestives. La musique est bonne, trop forte pour nouer une conversation, peut-être pas assez pour danser. Lorsque soudain, du haut de leur podium, les jeunes mariés et leurs invités entrent en piste et se lâchent sur un rock connu et dépassé. La salle suit les gais lurons et commence alors une danse endiablée entre les poufs à franges et les marches d’un sol irr...

Un mariage en Italie

Des oliviers, une terrasse all’aperto, un cappuccino et un cornetto.  Petit déjeuner en Italie, avant le mariage. Les mariés sont là, beaux, radieux, exquis. La famille défile: la nonna à 7h, la mama à 8, la sœur ensuite et la temoin. Tout le monde passe entre les doigts expérimentés de Valentino pour se faire une beauté. L’oncle s’octroie une promenade sous les oliviers avant d’aller disposer les fleurs à l’église. Le père a piqué une tête à la piscine avant son petit déjeuner. Emilien va chercher un œuf pour sa petite sœur, Cécile, qui le remercie. Le romarin et les pins embaument l’air. La Toscane est splendide en ce jour de juillet: toute blonde et peignée pour l’occasion. Montalcino la toise, elle fait sa fierté. On parle, on rit, on se souvient déjà. Les noces risquent d’être splendides et l’ambiance onirique. Au loin, les note d’Ennio Morricone donnent le ton. La fête promet d’être sans pareil.

C’est aussi ça l’enseignement !

Monter au sommet de la cathédrale par 35 degrés, Payer une glace à des élèves reconnaissants, Permettre à une élève d’accéder à l’école qu’elle convoitait tant, Voir des élèves décrocher une place de stage entre deux cours, Partir seule avec 23 élèves et s’en sortir plutôt bien, Faire découvrir une piscine de mon enfance par 18 degrés, Dépendre les poèmes de l’arbre à poèmes, Donner les résultats du concours de poésie effectué par toute l’école, Croiser des enseignants ravis que leur élève ait gagné, Aimer sa vie, ses élèves, la canicule...

La briquette

"Va me chercher une briquette!" Oui, une briquette, cette petite brique de morceaux de papier, condensée en une forme cubique et servant à allumer le feu. Le feu de quoi? Du potager, bien sûr! Nous sommes chez grand-maman Odile. Les briquettes sont une relique d'un autre siècle. Il faut aller les chercher dans ce couloir, sombre comme une cave humide, qui relie la grande cour de la distillerie, en passant par le bas du bûcher, et la terrasse de grand-maman, face à son immense jardin potager. "La machine à briquettes" est orange et repose sur l'étagère vermoulue, à côté de la balance pèse-personne ou pèse-bombone issue du siècle précédent. Un carreau permet à une lueur du jour de laisser son rayon dans cette pseudo-cave qui sent le moisi. Une chaleur  moite se fait sentir, venant de la distillerie jouxtant le lieu étrange et sombre. Alors on passe la pierre à aiguiser et on descend trois marches, ou plutôt non, on se juche sur les trois marches pour attein...

La place de jeu derrière la grande salle

Derrière la "grande salle" de C. se trouve une place de jeu. Un immense carré de sable où trônent deux balançoires, un toboggan bleu râpé qui brûle les fesses, une échelle en fer et un cheval de bois. Ce petit paradis est entouré de rondins de bois qui clôturent l'espace des enfants. Puis, juste à côté, une tour en bois et une longue tyrolienne. On y joue avec vue sur le lac et le séquoia fendu en deux par la foudre de 72. Derrière la tyrolienne, un verger. Si seulement notre espace de jeu se prolongeait dans ce jardin secret et interdit! Cela en doublerait l'aire. J'en ai rêvé et c'était merveilleux de transgresser la haie pour pénétrer dans ce verger blanc au printemps et vert en été. Aujourd'hui, derrière la "grande salle", il y a toujours la vue sur le lac et les rondins qui encerclent les balançoires et l'échelle. La tyrolienne et la tour ont disparu. Mais oh miracle! Que se cache-t-il derrière l'aire ancienne? Son extension dans le...