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Comme dans un film de Giuseppe Tornatore

Comme dans un film de Giuseppe Tornatore, je les retrouve tous, inchangés mais grisonnants, vieillis, mûris. Ils ne me voient pas, je ne les salue pas, je passe incognito. Ma place n'est pas ici, ni dans un passé qui s'est effacé des mémoires. Aujourd'hui le drame est incommensurable et les souvenirs n'ont pas lieu d'être. Devant tant de douleur, je ne peux m'immiscer dignement alors je passe mon chemin comme si je n'avais pas dû venir.

Fermée dehors

En cette fin d’après-midi , je suis fermée dehors. Mes parents ont pris la clé, les enfants et la poussette et je me retrouve seule sur ma terrasse à attendre une solution. Je cherche dans mon sac: mon téléphone sonne aux abonnés absents. Que faire donc un vendredi à 17h devant sa maison close? Heureusement, il fait bon et les dalles réchauffent clandestinement mon séant. Me voilà plongée en plein XXe siècle, sans natel ni connexion. Qu’aurait-on fait  en pareil cas, au XXe siècle? Certainement sorti son bouquin pour lire au soleil... ou sorti son carnet pour écrire: un poème, une recette, une liste de commissions. On aurait fait une sieste au soleil sans craindre le rayonnement UV, saisi l’instant présent comme une chance, chômé une demi-heure. Personne n’aurait troublé mon repos si ce n’est la voisine qui m’aurait saluée pour s’enquérir de ma santé. Je n’aurais pas perdu mon temps à chercher un objet qui n’existait pas, ni à penser à tout ce que je ne pourrais pas faire sans lui....

Writing day, 27 septembre 2018

Les  é l è ves sont au travail, enfin un peu de temps pour  é crire ! Une journ é e…classique, le jeudi. L’historien n’aura que faire de mon t é moignage tant il est banal voire insignifiant. Alors pourquoi pas jouer avec les mots et les impressions? Cette ann é e, pas de liste succincte ou cr é ative, juste des mots pour  é prouver ce beau jour ensoleill é . L’astre du jour n’en finit pas d’embellir nos existences ; quatre mois que  ç a dure ! L’air sent bon l’ é t é  indien et les feuilles peinent  à  jaunir. Mais l’ é cole a bien recommenc é  : les petits  é coliers transportent avec peine leur chargement alors que les ados crient au vent, l é gers comme une ode  à  la jeunesse. Ils ne peuvent jamais se taire : rien de plus important que leur communication. L’ ê tre communicant n’attend pas, il vole d’un sujet  à  l’autre en fran ç ais ou en portugais. Il vit par le regard des autres...

Le bagno 63

Mon bagno 63. Le bagno 63 est là comme s'il l'avait toujours été ... dans ma mémoire. Le bagno 63 c'est mes 4 ans puis tous les autres étés. Il est là comme s'il vous attendait à l'orée des grandes vacances: ses chaises alignées, son temps au beau fixe, sa mer azurée, le drapeau toujours blanc, la barque du salvataggio. Le ciel du bagno 63 est vert comme un bonheur à l'infini, liseré d'orange pour la bonne mine. De circuits de boules en châteaux de sable, puis de lecture en vocabulaire latin, du sable entre les orteils, du sable entre les pages. On entend les cris des enfants, tellement heureux sur cette plage: ils construisent, sautent, se giclent, explorent des fonds sans fond et convoitent un pedalo. Les grands-mères passent, toujours pimpantes pour la plage et jamais trop âgées. A l'heure de la sieste, c'est le grand bleu à l'infini, la paix et la légère brise qui bercent vos rêves les plus fous. Puis 15h, l'heure des enfants tout fréti...

Petits autoportraits

C'est moi à 5 ans, à genou dans le sable durant les grandes vacances. Il fait chaud, le sable brûle, il faut mettre des sandales pour pouvoir marcher dessus. Nous sommes en Italie, comme chaque année, au bord de l'Adriatique. Mes grands-parents nous accompagnent. A 4 h., je pourrai manger une glace stracciatella et à 5 h. j'aurai peut-être un lemon soda. Je porte un joli costume de bain violet qui fait ma fierté et surtout des lunettes roses en forme de coeur. Si je suis gentille, je pourrai prendre la bouée saucisson de ma tante. C'est moi à 10 ans, avec mon aube de première communiante et une grosse croix de bronze qui pend à mon cou. J'ai fait des boucles et des fleurs blanches synthétiques couronnent le tout. Il fait beau, c'est le printemps, la flore est épanouie, Toutes la famille est réunie, je reçois une icône. C'est moi à 15 ans. C'est mon dernier voyage à Igea Marina, mais je ne le sais pas encore. C'est la jeunesse et l'insouciance...