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L’ultimo giorno

 Mer turquoise ballottée par une brise marine, chaleur modérée, sable déjà brûlant. L’écume arrose les roches au large de la plage aménagée. L’Adriatique dans toute sa splendeur un après-midi de juillet . On s’est baigné une dernière fois, on a lavé les seaux, payé le parasol, salué le bagnino. « Sei sempre gentile! » Non! Vous êtes toujours tellement gentils! Cette simplicité dans les relations, cette générosité, ce sourire chaleureux qui raconte notre histoire d’une semaine par année depuis 35 ans, depuis des générations... On a mis l’ancre de nos étés dans une petite station d’Emilie-Romagne; une pièce de notre puzzle nous y attend chaque année, toujours la même forme, les mêmes couleurs. C’est le coin azuré d’un tableau en toute humilité.

La pasta fresca

Il pleut. Il fait frais. Trois mois que ça dure et dire qu'on devrait être à la plage! Comme en plein confinement, on ne sait plus quoi faire enfermés chez nous. Alors C. a une grande idée : on va faire des pâtes! Oh oui! Ni une, ni deux, farine, oeufs (chacun le sien), on touille, on malaxe. Le laminoir est sorti de sa boîte. E. au calibrage, C. à la manivelle, maman à la réception des tagliatelles. Et de déguster les délicieuses pâtes sur le coup de midi. Cuisson idéale, onctuosité, épaisseur juste, sel comme il faut, la pasta fresca, il n'y a que ça de vrai en ce moment!

Le « tipex », ça part pas.

Ne jamais laisser un petit pot de fluide correcteur ouvert même si vous devez y avoir recours dans la seconde qui suit! Ce liquide immaculé qui nous sert d’effaceur de nos erreurs aura tôt fait de se renverser sur votre bureau. Vous essayerez alors de l’effacer avec ce que vous trouverez, un masque utilisé par exemple, et c’est alors que votre fluide correcteur viendra maculer vos doigts pour laisser la trace de la faute. 

L’atelier d’écriture.

  C’est quoi ?  C’est à la mode. C’est qui ? Toi, moi, tout le monde. Comment on fait ? On s’inscrit et on vient, avec son crayon et un carnet. Et après ? C’est comme un groupe de discussion : on fait connaissance… à travers l’écriture. Un thème est lancé, le temps est donné, on griffonne.  Après, on lit nos textes ou on se tait si on n’a pas envie. Carla joue avec les sons, Corentin aime les calembours, Virginie ne manque jamais d’instruire son auditoire, Mélanie invente des figures de style. Benoît est content, il croit mieux les connaître, ses ouailles d’un soir. Elise est ravie, chacun a pu s’exprimer et c’est pour cela qu’elle est là. On rigole, on boit quelque chose, on sourit parce qu’on est bien.  Deuxième thème, temps plus long. On s’y remet. Plaisir, sourire, gomme, temps mort. On relit, on se fait un retour. (C’est le plus compliqué.) Et puis ça plaît, on continue ! Troisième thème, un rapide cette fois. « Non !...

« Je » est un monstre (version longue).

  Le titre génial de l’exposition temporaire de « La maison d’ailleurs », fameux centre helvétique de la science-fiction à Yverdon. Mais rassurez-vous, mon texte n’aura de science que la dénomination de son pronom et de fiction que l’aura d’une illusion. Ne vous êtes-vous jamais demandé quel monstre se cachait en vous ? A quand date votre dernière entourloupe, votre dernier mensonge, une petite mesquinerie ou ce ricanement narquois ? Oh, ne vous dissimulez pas derrière une statue édifiante d’un autre siècle, vous en avez un, c’est sûr ! Peut-être est-il caché dans un bahut moisi au fond de votre deuxième cave, mais il existe et vous l’avez peut-être oublié. Est-il visqueux, sombre, poilu ? Se transforme-t-il à minuit s’il a mangé des fraises ? Craint-il la lumière ou le clair de lune ? L’avez-vous seulement déjà rencontré ? Peut-être ignorez-vous son existence et pourtant, il vous observe, il vous sent, il respire en vous. « Je » po...